Pedro Mairal

(Traduit par F. Prebois© 2004, Éditions Payot & Rivages pour la traduction française)

Nous partons de bonne heure. Papa a une 404 Peugeot bordeaux toute neuve. Je grimpe sur la plage arrière et je m’y étends de tout mon long. Je suis bien. J’aime être là, contre la lunette, parce que je peux dormir. Je suis toujours content d’aller passer le week-end à la campagne parce qu’en semaine, dans l’appartement du centre ville, tout ce que je peux faire, c’est taper dans une balle de tennis sur la dalle du puits de lumière qui se trouve au-dessus du garage, une dalle entre quatre murs mitoyens immenses et noircis par la suie des incinérateurs. Si je regarde vers le haut, j’ai l’impression d’être dans un conduit de cheminée ; si je crie, le cri monte un peu mais n’arrive même pas jusqu’au carré de ciel. La maison de campagne me sort de ce puits… (→)